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Six thèmes de son

Les Francos plus tôt, nuage orageux artificiel

Étienne Dubuc
12 août 2009

Depuis lundi, on a droit à une nouvelle bataille de la guerre Québec-Montréal. Cette fois-ci, ce sont les Francofolies et leur calendrier refondu qui sont la source de dispute. Le festival sera présenté au début du mois de juin 2010, du 9 au 19 pour être précis. Ce changement de date est justifié par l’attrait que pourrait représenter le festival pour de grands noms français. Apparemment, il était difficile d’aller chercher des artistes français puisqu’août est le mois des vacances chez nos cousins. Les responsables des Francos affirment aussi que l’événement sauverait de l’argent sur les hôtels, les billets d’avion, etc. De cette façon, le déficit de 500 000 $ serait épongé au cours des années à venir. Ça, c’est pour les informations qui sont sorties par voie de communiqué.

Tout ça n’a pas fait sourire le maire de Québec, Régis Labeaume, qui croit que les Francos ne sont sûrement pas déficitaires et qui, à mots à peine couverts, croit qu’Alain Simard, directeur de Spectra, société organisatrice de l’événement, nous arnaque. Outre M. Labeaume, d’autres responsables de festivals du Québec, dont ceux du festival de la chanson de Tadoussac se sont élevés contre le déplacement du festival de la chanson francophone. Le public lui semble plutôt partagé, mais je remarque beaucoup plus de mécontentement qu’auquel je m’attendais.

Franchement, voici comment moi je vois toute cette situation. La situation financière des Francos m’étonne moi aussi, que le ce festival qui attire des centaines de milliers de personnes chaque année perde de l’argent c’est un peu dur à croire. Cette année, il aurait perdu 50 000$, c’est quand même pas mal. Mais bon, on ne peut pas juger plus loin que ça, on n’est pas dans l’organisation et on n’a pas accès aux chiffres. C’est peut-être vrai et ça l’est peut-être pas. J’émets quand même des doutes sur le fait qu’un festival de cette ampleur se sert d’un faux déficit pour changer d’emplacement dans le calendrier. L’organisation a donc le bénéfice du doute de mon côté.

Ensuite, toute l’histoire avec Québec et le FEQ. Cette histoire-là c’est tout simplement ridicule. Le festival montréalais n’a jamais eu « peur » de celui de Québec, mais la Québec craint celui de Montréal puisqu’il le devance. Pourtant, les Francos sont en grande majorité gratuite, ce n’est donc pas le budget que les gens prenaient pour le FEQ qui va y passer. Les organisateurs du FEQ ont aussi peur que les Francos volent de gros noms au festival d’été en le devançant, C’est moi où en tant que « gros » noms francophones le FEQ à eu Indochine, en exclusivité, cette année et Charles Aznavour l’an dernier et c’est pas mal tout. Les autres artistes étaient des Québécois qui se feront un immense plaisir de jouer aux deux festivals comme ils le font déjà d’ailleurs. Les Francofolies n’ont pas frappé de grand coup avec des artistes de la France depuis quelques années si ma mémoire est bonne, en fait il y aurait bien eu les Rita Mitsouko l’an dernier, mais la mort de Fred Chinchin est venue assombrir le tout. Et c’est justement une des raisons pour quoi l’organisation veut s’amener plus tôt dans l’année et permettre aux gens de la région de Montréal de profiter d’artistes d’importance venant de la France, dans un festival dédié à la francophonie.

Les organisateurs du FEQ ont aussi peur de perdre de la visibilité médiatique, principalement internationale, et des partenaires financiers comme Air Transat, commanditaire majeur du festival, tout ça à cause que les Francos sont présentés plus tôt. Je croyais que le FEQ avait réussi à se monter une réputation très solide en tant que festival incontournable depuis toutes ces années. S’assurant de cette façon commanditaires et visibilité. Selon ce que je peux comprendre et ce que je connais de l’affaire, le FEQ crie au loup sans raison.

Le seul gros perdant pourrait réellement être le festival de la chanson de Tadoussac, qui lui aussi axait sa programmation sur des artistes d’ici et qui se déroule normalement durant la même période que les Francos vont maintenant occuper. Mais, ce dernier peut encore compter sur la carte « coup de coeur » que plusieurs artistes qui s’y produisent affichent à la suite de leur passage pour les faire revenir. Si cela n’est pas suffisant, pourquoi ne pas changer de dates pour celles des Francofolies de cette année? La voie est libre pour les festivals durant cette période maintenant puisque très peu osaient les affronter.

Il faut rajouter à toute cette saga les demandes envers le gouvernement d’agir dans cette histoire. Franchement, je crois que le gouvernement a d’autres chats à fouetter que de juger si le changement de date des Francos est acceptable. Pour ce qui est de leur financement, le festival devra faire une demande de subvention, elle sera analysée et il recevra bien ce que les personnes attitrées auront décidé de lui donner en considération de ce nouveau calendrier.

Pendant que les instances se chicanent, nous, amateurs de musique, on se prépare pour un festival qui n’a pas tant de visibilité médiatique, bien que grandissante, et qui n’accueille pas de grands noms réjouissant les 7 à 77 ans, M pour Montréal. ( Mise à jour: Je suis en train d’oublier le Festival de Musique Émergente en Abitibi moi la! )

Etienne « Le professeur » Dubuc.

3 commentaires
  • Mike B
    13 août 2009

    Je trouve également que le FEQ crie aux loups. Que les Francos aient lieu avant ou après, côté commanditaires ou artistes, ça ne devrait pas les nuire. Sinon, je me sens soudainement demeuré.

    S’il y a un festival qui doit rager, c’est Tadoussac. C’est à lui que ça va faire mal. Seul son cachet unique va l’aider.

  • DJ Waterloo
    14 août 2009

    Bonjour Monsieur le Professeur
    Je vous trou-ve très bon!

    (sur air de chanson…tsé la!!)

  • [...] aussi jasé de la polémique entre les Francofolies et le Festival d’été de Québec. Ça aussi, il y a du nouveau, Radio-Can vient d’annoncer que les deux parties en seraient [...]

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